De Monnerville à Taubira, nos couleurs sont celles de la République



Publié le dimanche 7 juin 2020

J’ai lu, attristé, l’énième sortie navrante de Virginie Despentes. Je ne sais pourtant pas si c’est à elle, ou à tous ceux qui ont cru bon, en réponse, de dresser la liste des ministres de peau non blanche, que j’en veux le plus.

Le sujet du racisme n’est pas mineur, en France comme ailleurs. Si je veux croire qu’il n’est, chez nous, ni institutionnel, ni structurel… il n’en est pas moins culturel.

Notre longue histoire collective témoigne de ces déviances des comportements, de ces discriminations, de ces asservissements… qui sont autant de crimes contre l’humanisme qui devrait guider toute société se voulant civilisée.

Notre actualité, ici comme ailleurs, démontre encore qu’il nous faut sans cesse combattre et pourchasser le racisme comme un mal qui nous ronge en plus de nous salir.

Le racisme est une caricature de l’autre autant qu’une exclusion collective abjecte.

La réponse ne peut en être complice en usant des mêmes ressorts. Elle ne peut vouloir enfermer toutes les victimes potentielles ou réelles du racisme dans un collectif désincarné, nier la réalité des individus, leur droit à l’autodétermination, leurs choix et leurs idées propres.

De mon point de vue, défendre la négritude de Césaire, cette « négation de la négation de l’homme noir », c’est reconnaître une histoire, une culture et même des plaies collectives d’une chaîne humaine parmi toutes les chaînes humaines qui s’entrelacent pour bâtir l’humanité.

Ce n’est pas enfermer tout humain à la peau plus sombre dans un statut social unique, déterminé et définitif.

Non, Georges Floyd n’est pas Adama Traoré. Chacun son histoire sans qu’aucun des deux n’ait à quitter notre mémoire.

Mon parti, celui du radicalisme social, peut s’enorgueillir d’avoir notamment compté dans ses rangs Gaston Monnerville, d’avoir porté et soutenu la candidature de Christiane Taubira aux présidentielles de 2002.

Que faut-il en déduire ?

Que le radicalisme est un humanisme et non un racisme ? Notre histoire en témoigne. Elle en témoignait déjà avec des ministres ou cadres blancs.

Que présenter ou soutenir des candidats aux origines multiples est un acte politique militant ? Je ne le crois pas. C’est un réflexe d’extrême droite que de réfléchir à deux fois à la couleur de ses candidats.

Que compter Monnerville et Taubira dans l’histoire du radicalisme c’est revendiquer la suprématie du talent, des convictions, de l’engagement ? Oui, sans nul doute… et pour cela nous les avons écouté pour nous convaincre, saluant seulement leur ADN d’avoir forgé des esprits éclairés de cette force et de cette trempe.

Ne rien céder au racisme ce n’est pas sombrer en réponse dans le racialisme ou le communautarisme.

C’est considérer chaque individu pour ce qu’il est, ce qu’il fait. Sans préjugés.

C’est poursuivre durement et sanctionner tous ceux qui détruisent des vies au nom de leurs immondes pensées.

C’est revendiquer que l’homme noir est depuis nos origines entré dans l’histoire et en porte toute sa part.

C’est considérer, en conséquence, que les couleurs de Monnerville et Taubira sont celles, flamboyantes, de notre République.

Guillaume LACROIX, Président du PRG-le centre gauche

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