La gauche veut-elle vraiment gouverner ? Pour une primaire de la gauche. Vite !



Publié le samedi 20 juin 2020

L’engagement politique c’est vouloir combattre pour des valeurs.

À gauche, ce sont généralement les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, de justice, de solidarité qui forment le socle de l’engagement.

Il fut un temps où il n’était nul besoin de revendiquer que c’était aussi la République une et indivisible, laïque qui sous-tendait l’engagement de gauche. Nul besoin car c’était viscéral. Nul besoin car cela conférait à la gauche sa crédibilité pour gouverner. C’est aujourd’hui une ligne de fracture qu’il nous faut absolument résorber.

Gouverner, c’est traduire les mots en acte. C’est transformer les luttes en acquis. C’est respecter la diversité d’un peuple pour en tirer le meilleur collectif, l’essentiel commun et forger l’avenir pour toutes et tous.

Gouverner c’est faire avancer les droits et les devoirs, les adapter au réel pour renforcer son pays, lui donner la force de s’imposer dans la mondialisation pour mieux protéger les citoyens. En France c’est aussi ce supplément d’âme humaniste pour servir l’universalisme.

Pour gouverner, il faut ajouter aux jambes du militantisme, les bras forts et accueillants du rassemblement, l’esprit de conquête, l’âme de la transcendance. On ne gouverne pas pour soi ou pour son parti. On gouverne pour son pays avec ses convictions comme horizon pour tous.

Pour gouverner, il faut accepter le réel pour le modifier, l’améliorer.

Le réel aujourd’hui, même si le Parti Radical de Gauche le propose différent, c’est que gouverner c’est incarner, par une femme, par un homme, l’ensemble d’un projet politique. Pas l’inverse malheureusement.

Notre pays croit en un guide capable de montrer le chemin. Il n’a pas encore fait le pas pour choisir le chemin avant le guide.

La gauche doit l’entendre. Éparpillée façon puzzle, parfois déchirée, elle n’en est pas moins porteuse d’horizons prometteurs et nécessaires à la France.

Enfermée dans ses divisions, ses surenchères de pureté idéologique, ses calculs, la gauche voudrait croire que les tables rondes où l’on discute de la quadrature du cercle accoucheront d’un projet que son candidat devra ânonner au nom du collectif.

On peut le rêver, on pourrait même l’espérer mais il nous faut accepter que cela nous conduira à l’impasse de l’entre-soi.

Les enjeux des Français aujourd’hui ne sont pas liés aux déchirements internes de la gauche.

Les problèmes posés à notre pays attaquent nos chairs.

De l’unité républicaine à la sauvegarde de notre environnement, les réponses ne pourront émerger d’une image d’Épinal sans icône.

De la chair, des tripes, d’une âme… voilà ce dont notre pays a besoin pour envisager que la gauche lui donne un nouveau chemin.

Nous devons répondre, être au rendez-vous, assumer et donc nous rassembler derrière un leader, bâtir avec elle, avec lui, un projet de gauche pour la France… les deux facettes étant indissociables.

Ce sera à la fois le moyen de clarifier notre capacité à agir ensemble et d’assurer les Français.es de notre sens des responsabilités.

La recomposition politique est à l’œuvre, il nous faut la porter à son terme plutôt qu’illusoirement vouloir la freiner.

Je ne vois pas à ce stade d’autre solution qu’une primaire. Nous verrons bien qui y viendra, qui n’en sera pas. Nous verrons bien quelle incarnation et donc quel message en ressortira majoritaire. Nous aurons fait œuvre utile pour créer le centre d’attraction d’un projet de gauche pour la France.

À défaut, la gauche restera dans son marais autant que son maquis. Elle fera la démonstration qu’elle préfère lutter contre que lutter pour.

Le Parti Radical de Gauche inscrit ses valeurs, ses combats dans l’enracinement républicain solidariste, laïque et universaliste non pour rêver le monde mais pour être utile à la France et aux Français.es.

Notre part de rêve se résume par cette maxime de Michel Crépeau « les pieds par terre et le cœur dans les étoiles » qui nous invite à ouvrir les yeux sur un monde que nous avons fait différent plutôt qu’à les fermer pour préférer l’imaginaire. 

Guillaume LACROIX

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