Fonder la cohésion sociale sur l’école de la république



Publié le vendredi 3 février 2017

#7

L’école, service public de la République
La coexistence de plusieurs systèmes éducatifs parallèles est un évident obstacle à la cohésion sociale et contribue à perpétuer ou renforcer les inégalités. Elle ne saurait s’envisager qu’à des conditions per-
mettant que soient assurées en toutes circonstances les obligations propres au service public éducatif, et ne doit en aucun cas s’apparenter à une concurrence portant atteinte à l’école publique, dont le caractère d’excellence doit être réaffirmé et généralisé.
Je proposerai en conséquence :
• La subordination de l’octroi de financements publics à des écoles privées au strict respect par celles-ci des obligations de service public définies par la loi et dans le cadre de contrats conclus avec l’Education Nationale, incluant le respect des programmes définis par celle-ci.
Les financements publics ne seront plus accordés aux établissements qui ne respecteraient pas ces engagements
• La subordination à autorisation administrative de l’ouverture d’écoles ou de lieux d’enseignement ou de formation ne faisant pas appel au financement public. L’activité de ces établissements, qui devra respecter les principes républicains, devra faire l’objet d’un contrôle systématique

L’école de la République, une école d’excellence
L’école doit permettre aux élèves, toutes filières confondues, de disposer des mêmes chances de réussite et d’épanouissement. Pour assurer l’excellence de l’Ecole républicaine, je propose :

Les mesures générales suivantes :
Rendre l’école obligatoire dès 3 ans
• Garantir un socle d’enseignement commun jusqu’à 16 ans : le collège unique doit être conservé pour assurer une formation éducative unique jusqu’à 16 ans au moins – ou 15 ans sur dérogation -, âge auquel les enfants pourront s’orienter vers l’apprentissage s’ils le souhaitent.
Aucune sélection ne saurait être effectuée avant
Réduire les effectifs des élèves dans toutes les classes : les professeurs pourront dès lors assurer un meilleur suivi, plus personnalisé, de leurs élèves
• En conséquence, augmenter le nombre d’enseignants recrutés et formés chaque année.
L’effort global de recrutement de 60.000 enseignants supplémentaires, engagé mais non encore atteint, doit être poursuivi avec détermination
Renverser une logique d’affectation des enseignants, qui conduit aujourd’hui à l’envoi quasi-systématique des jeunes professeurs dans des établissements défavorisés et souvent difficiles sans avoir l’expérience, la formation ou le bagage nécessaires pour répondre aux défis pédagogiques auxquels ils doivent faire face

Une adaptation des programmes, comportant :
• Un renforcement vigoureux de l’acquisition des fondamentaux que sont la lecture, l’écriture (orthographe, grammaire) et les connaissances de base, impliquant toutes vérifications utiles à l’entrée au collège ou à la sortie du primaire.
• Le maintien de l’enseignement du latin et du grec
• La création d’un enseignement commun au lycée en droit, économie et sciences humaines dès la seconde.
• Le recours à l’usage du numérique, sans préjudice de la maîtrise de l’écriture manuelle.
• La recherche, tout au long des années d’études au lycée, de témoignages de professionnels permettant de susciter les vocations et orientations pertinentes.

Une amélioration de l’apprentissage des langues étrangères, par :
• La réduction des effectifs des classes de langue, permettant d’insister sur la prise de parole, l’échange et le dialogue entre élèves et professeurs
• L’appel aux laboratoires de langues
• La généralisation de l’usage du numérique
• La démultiplication des échanges scolaires internationaux

La revalorisation, par tous moyens utiles (campagnes de communication, échanges avec les professionnels) des métiers dits « manuels », afin que les élèves qui souhaitent étudier dans le cadre de filières professionnelles puissent le faire par envie et non plus par dépit.

En matière de santé à l’école, je juge indispensable de :
• renforcer la santé à l’école en rendant obligatoire une visite médicale annuelle.
• favoriser l’information touchant à la contraception
• sensibiliser les élèves et étudiants aux infections et maladies sexuellement transmissibles et aux pratiques à risques, hétérosexuelles comme homosexuelles.
• favoriser la prévention des addictions.
• lutter contre l’obésité par l’éducation alimentaire.

Une formation des enseignants préservée et améliorée
Je veillerai à ce que :
• soit assurée la pérennité de la formation des jeunes enseignants, une formation devant comporter l’acquisition de savoirs nécessaires, mais aussi des méthodes pédagogiques.
• soit organisée une formation des enseignants tout au long de leur carrière.

Par ailleurs, la fragmentation du parcours scolaire rend actuellement les enseignants relativement impuissants pour organiser un accompagnement efficace de l’élève : Développer la bi ou multidisciplinarité lors des formations permettra aux jeunes enseignants de travailler en équipe sur la base de projets pédagogiques adaptés et personnalisés à chacun des élèves.

Enseignement supérieur et recherche
Dans ces domaines, je défendrai une politique éducative tendant à faire de l’Université le lieu privilégié du plus large accès à l’excellence scientifique et professionnelle. L’université doit être le socle d’une ascension sociale ouverte aux jeunes de toutes origines, fondement du vivre ensemble de demain.
L’université doit pouvoir former efficacement des professionnels. De nouvelles filières doivent être créées pour entrer en résonance avec les métiers de demain, notamment en ce qui concerne l’écologie et les nouvelles énergies. Des stages obligatoires doivent être prévus dans toutes les filières, y compris au sein des sciences humaines.
L’objectif de meilleure liaison entre l’Université et le monde professionnel conduit à proposer la suppression de l’obligation d’achever une thèse en trois ans, disposition ayant pour effet pratique d’écarter les professionnels de la recherche et de priver la recherche des apports de connaissance et d’expérience issues de la pratique d’un métier.

De manière générale, j’apporterai le soutien le plus complet à la recherche publique, y compris dans le domaine des sciences humaines et sociales, incluant un soutien aux innovations sociétales.

Je propose également de :
Décentraliser les concours des grandes écoles au sein de tous les lycées de France. Cette mesure permettrait à tous les élèves de pouvoir se familiariser avec ces concours et de les passer en même temps que leur classe d’âge.
Renforcer et rationaliser le système de bourse, dans le sens d’une meilleure justice.
D’un point de vue pratique, les universités devraient accorder aux étudiants une plus grande flexibilité dans l’organisation de leur emploi du temps. La possibilité de suivre des cours du soir ou des cours à distance doit être donnée à ceux qui travaillent en parallèle ou sont en reprise d’étude.

Un apprentissage revalorisé.
L’apprentissage doit être revalorisé et favorisé, notamment part :
1. une meilleure diffusion des dispositifs d’aide au recrutement d’apprentis (crédit d’impôt apprentissage, exonérations de cotisations, aides régionales)
2. un déploiement plus important du programme européen d’échanges en matière d’apprentissage (Erasmus +)

Une formation professionnelle plus efficace
Aujourd’hui coûteuse et peu performante, la formation professionnelle, indispensable au retour à une situation plus satisfaisante de l’emploi, doit être réformée.
Il s’agit d’abord de lui reconnaître de manière générale un caractère de service public, qu’il soit assuré par des organismes publics (AFPA) ou par des organismes privés.
La formation professionnelle assurée par les centres de formation, en conséquence, doit s’exercer, non sur la base d’un simple agrément, mais dans le cadre d’une délégation de service public, comportant systématiquement un cahier des charges, assortie d’une obligation de résultats, soumise au contrôle de fonctionnaires territoriaux.

La loi doit ensuite définir des priorités d’affectation des moyens de la formation professionnelle : lutte contre le chômage, formation des moins qualifiés, reconversion.

Des formations professionnelles décentralisées doivent être organisées au bénéfice des territoires isolés.

 

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